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La folie des allergies

Folie des allergies

Si vous avez des enfants qui fréquentent l’école, il y a de grandes chances pour que vous ayez rejoint le rang des parents exaspérés par les interdictions ou les restrictions des aliments à proscrire de la boîte à dîner de votre enfant. Noix et arachides, fruits de mer, poisson, oeufs  deviennent des pestiférés à bannir et on met au banc des accusés les parents, ces dangereux criminels, qui ont osé les introduire en milieu protégé!!


Est-ce qu’il y a de l’exagération? Doit-on priver des dizaines d’enfants pour le bénéfice de quelques-uns seulement?? Comment trouver un équilibre entre les besoins des enfants allergiques sans pour autant brimer tous les autres? Certains compromis sont nécessaires: il faut faire preuve de jugement et faire la part des choses…

Réalité des parents

D’abord, tentons de comprendre les parents d’enfants aux prises avec des allergies graves. Lorsqu’une allergie peut entraîner des réactions sévères, l’aliment qui en est responsable devient un ennemi de tous les instants pour les parents. Cela devient particulièrement inquiétant lorsque l’enfant fait son entrée à la garderie ou à l’école, sortant ainsi du lieu protégé qu’est la maison. On ne peut nier que les allergies alimentaires sont responsables de décès à tous les ans et elles ne peuvent pas être prises à la légère. Néanmoins, il devient excessif d’interdire tous les aliments à plus haut potentiel allergène des milieux fréquentés par les enfants.

Solution?

Alors, quelle est la solution? Remettre les choses en perspectives, s’informer adéquatement et surtout, prendre les mesures de précaution qui s’imposent.

La première chose à considérer est l’enfant allergique lui-même. Il est primordial que l’enfant soit bien informé de sa condition et sensibilisé aux dangers inhérants. Il faut lui enseigner les gestes à poser ou à éviter pour sa propre sécurité. Ceci étant fait, la collaboration du milieu est aussi essentielle.

Pour qu’une réaction allergique survienne, l’allergène doit être ingéré, inhalé ou être en contact avec la peau (voir le site www.docteurmaman.com *). En respectant les précautions élémentaires, il est assez facile d’éliminer les risques pour la plupart des allergènes (il existe neuf principaux allergènes: arachide, noix, poisson et fruits de mer, sésame, lait, oeufs, blé, soya et sulfites). Toutefois, deux allergènes sont plus problématiques.

Les allergènes à bannir

Les noix et les arachides sont responsables des allergies alimentaires mortelles les plus communes chez les enfants. Elles affectent environ un enfant d’âge scolaire sur 150.

Les particules de noix et d’arachides, contrairement aux oeufs ou au poisson par exemple, sont extrêmement volatiles et peuvent se retrouver en suspension dans l’air. Sachant qu’il peut suffire, pour certains enfants, d’une particule aussi minime que    1/70 000 d’arachide pour déclencher une réaction, il est plus facile de comprendre que la majorité des écoles en viennent à les interdire.

Mesures de précaution

Après avoir éliminé les risques associés aux noix et aux arachides, voici les moyens de prévention qui devraient éviter d’être confronté à la restriction de tous les allergènes:

  • Enseigner aux enfants à ne pas partager la nourriture, les breuvages, les ustensiles et les contenants.
  • Prévoir des tables spéciales dans les cafétérias pour les enfants allergiques (sans présence des allergènes).
  • Nettoyer en profondeur les surfaces de contact comme les tables et les jouets (la plupart des agents communs de nettoyage ne laissent pas de trace, sauf le savon à vaisselle).
  • Se laver les mains avant et après avoir mangé et tenu des aliments.
  • Éviter d’utiliser les principaux allergènes dans les activités scolaires, comme le bricolage par exemple (utiliser des coquilles de noix, etc.).
  • Les enfants allergiques doivent apporter leur propre nourriture lors de certaines occasions spéciales (ex: anniversaires, déjeuner à l’école, etc.) et il faut prévoir des friandises qui leur sont permises lors des fêtes (Halloween par exemple).

Et si le pire se produisait malgré tout:

  • Un plan d’urgence doit être en place.
  • Les employés doivent être formés pour administrer l’épinéphrine (épipen).

Pour conclure

Qu’on le veuille ou non, les allergies alimentaires sont maintenant un problème de santé publique qui gagne en importance. Alors qu’elles étaient considérées comme des phénomènes isolés il y a quelques années à peine, elles ont dorénavant une incidence sur plusieurs de nos habitudes de vie. Elles ont un impact sur l’étiquettage des aliments, ouvrent un nouveau marché pour les aliments exempts d’allergènes, imposent de nouvelles lois, etc. Si vous ou vos enfants ne souffrez pas d’allergies alimentaires, vous trouvez sûrement qu’il y a de l’exagération, voire même de l’abus ou de la paranoïa dans certains  milieux. Force est d’admettre que c’est parfois le cas. Mais regardez un peu l’autre côté de la médaille et imaginez que les gens autour de vous se promènent librement avec un poison mortel qu’ils vous balancent sous le nez: c’est ce que vivent les gens allergiques constamment!!

Sans tomber dans les extrêmes, nous avons le devoir de préserver la santé des enfants allergiques. De la même façon que nous imposons des limites de vitesse dans les zones scolaires afin d’assurer la protection de tous. Comme dans toutes choses, il y a toujours moyen de s’accomoder…raisonnablement!!

* http://docteurmaman.com/dossiers/50-allergies/93-les-allergies-alimentaires

 

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