Le sacre, témoin de notre passé… – Detoutpourtous

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Le sacre, témoin de notre passé…

Le sacre, un mot propre aux Québecois, est apparu chez nos ancêtres mâles lorsque les conditions de vie étaient misérables.

C’était une invention nécessaire car elle permettait un défoulement et une baisse de tension artérielle.

Donc, sacrer, c’était bon pour la santé des individus. 

Pour mieux comprendre, il faut penser au contexte économique de cette époque.

La vie au travail était très difficile, dans les usines, les chantiers, la construction, à la ferme etc….

Pour réussir à gagner sa croûte, il fallait être productif et posséder une endurance physique remarquable, sinon on risquait d’être congédié.

Les gens devaient travailler de longues heures dans des conditions exécrables ( poussière, bruit, outils dangereux etc…) sans se plaindre.

La protection de la santé, on connaît pas ça, c’était le système débrouille-toi qui était la norme.

Pour couronner le tout, le travailleur devait se contenter d’un salaire de misère.

En plus de faire un travail éreintant, le clergé se chargeait de semer la terreur, sous la menace d’aller en enfer si on n’allait pas se confesser.

Pour se libérer de la domination du conquérant ( Anglais ) et du clergé, il fallait vidanger son mental.

Le travailleur exprimait alors sa colère en émettant quelques sacres comme ( tabarnac, ciboire, ostie, christ, câlisse etc…) quand les situations étaient insupportables.

Sa vengeance, c’était de s’attaquer aux symboles religieux. Pourquoi ? Etait-ce une forme de prière ou un exécutoire ?

Ceci avait un effet bénéfique, en le soulageant de son stress ou de sa colère et tout son corps se détendait.

Il respirait un sentiment de satisfaction, de détente et d’apaisement.

Même si ce langage grossier et méchant était mal vu, il avait tout de même un effet libérateur.

Le sacre, témoin de notre passé, nous permet de mieux comprendre une période de notre histoire de dominés, d’exploités, d’écrasés et de misères.

Il ne faut surtout pas l’oublier.

Plusieurs peuples de ce monde auraient tout intérêt à être informés sur l’effet libérateur du  »sacre.  » 

De nos jours, même si le sacre est moins présent, il fait parfois partie de notre quotidien comme défoulement ( se cogner un orteil sur un coin de meuble, un coup de marteau sur un doigt, une chute en vélo ou en colère ).

Dans ces situations imprévisibles et dans certains cas, ça devient un automatisme ou un incontournable.

Maintenant, le mot d’ordre est de sacrer peu, mais sacrer mieux. 

Il peut avoir un pouvoir de persuasion comme par exemple:  » Ce type a eu deux opérations à la gorge et a la moitié de celle-ci arrachée à cause de la cigarette. Mais savez-vous quoi ? L’ostie y fume encore. » 

Mais vaut mieux sacrer que de se défouler en frappant femmes et enfants.

Pour conclure, les bienfaits du sacre donnent-ils une valeur particulière à notre identité québecoise ? 

Une chose est certaine, il laisse une trace indélébile de la dure réalité de notre triste passé comme petit peuple. 

Durant cette période, l’expression  » sacrer comme un bûcheron  » avait sa raison d’être. 

Est-ce que tous les sacreurs qui ont omis de passer au confessionnal avant de mourir sont rendus chez le diable ??? 

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